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Gestion de l'eau : situation en Deux-Sèvres au 17 mars 2017

 
Gestion de l'eau : situation en Deux-Sèvres au 17 mars 2017

Le préfet des Deux-Sèvres a présidé la 1ère conférence départementale de l'eau de l'année 2017, suivie d'une conférence de presse pour faire le point de la gestion de l'eau.

Le Préfet des Deux-Sèvres vient de présider la première « conférence départementale de l’eau » de l’année 2017. Elle portait sur les aspects quantitatifs de la gestion de la ressource en eau du département des Deux-Sèvres. Cette importante réunion, avec tous les acteurs de l’eau, a été l’occasion de dresser un bilan de l’année 2016 et de présenter un point complet sur la situation actuelle (pluies, débits des rivières, niveaux des nappes, outils de gestion).

D’après les données chiffrées mesurées par Météo France, la période qui vient de s’achever (octobre 2016 – février 2017) a été la plus déficitaire en précipitations depuis l’année 1959. La deuxième période la plus déficitaire correspond aux années 1988 – 1989 tandis que les années 2004 – 2005 sont sur la troisième marche du podium. Le déficit cumulé représente en effet 60 % des précipitations normales sur la même période.

Selon les dernières données collectées, les précipitations cumulées sur le département depuis le 28 février 2017 sont de l’ordre de 80 à 90 mm en fonction des secteurs, ce qui est supérieur à la normale. Ces pluies ont permis aux cours d’eau de retrouver des débits satisfaisants, tandis que le niveau de certaines nappes d’eau superficielles a remonté rapidement.

Les retenues de la Touche-Poupard sur la rivière « Le Chambon », en amont de Niort et du Puy-Terrier, sur la rivière « Le Cébron », au nord du département, ont vu leur taux de remplissage augmenter rapidement. Néanmoins, avec respectivement 66 % et 44 % des taux de remplissage, ces retenues sont loin d’atteindre leur volume régulièrement observé à cette période et proche de 100 %. Ces retenues sont destinées en priorité à l’alimentation en eau potable, et, pour la première, à soutenir le débit estival de la Sèvre Niortaise qui alimente le Marais poitevin.

La situation départementale s’est donc globalement et temporairement améliorée.

Il convient toutefois de noter que cette évolution à la hausse des débits des rivières et du niveau des nappes superficielles est provisoire, voire fragile, dans la mesure où les milieux aquatiques, tels que les zones humides et les zones de marais, n’ont pu se recharger durablement pendant la période hivernale. Ces milieux soutiennent habituellement le débit des rivières, pendant les périodes les plus sèches, c’est-à-dire d’avril à septembre. On assiste par conséquent actuellement à la stabilisation de certains débits, voire déjà à la baisse rapide de ces derniers. Les niveaux des nappes superficielles ont pour certains commencé à baisser.

Les précipitations du début du mois de mars n’ont cependant pas été suffisantes pour recharger les ressources plus profondes, notamment la nappe de « l’infra-toarcien » dans le sud du département, sur le bassin versant de la Boutonne. Ces ressources, qui sont stratégiques pour l’alimentation en eau potable sur ce bassin, présentent des niveaux très bas (parfois leur plus bas niveau historique), ce qui doit conduire à la prudence quant aux prélèvements. Ainsi, la période la plus favorable pour recharger les nappes est en passe de s’achever tandis que la végétation va reprendre.

C’est pourquoi, en lien avec les services de la direction départementale des territoires des Deux-Sèvres (DDT), un suivi quotidien est réalisé concernant les débits des cours d’eau et des nappes, afin de prendre, voire de prolonger, des mesures de gestion propres à protéger les milieux aquatiques et préserver les ressources destinées à l’alimentation en eau potable. Ainsi, le Préfet a pris à cinq reprises, par arrêté préfectoral, de telles mesures pendant la période hivernale. Les conditions globalement plus favorables constatées depuis début mars 2017 lui ont permis de lever les interdictions, à l’exception du bassin de la Boutonne qui reste concerné par une mesure d’interdiction globale de remplissage des plans d’eau et des retenues, à l’exception des ouvrages qui sont autorisés et réglementés avec des « seuils de gestion » appropriés.

En fonction de l’évolution de la situation, le Préfet pourra à nouveau être amené à prendre des mesures de restrictions, similaires à celles qui ont été prises durant l’été et l’automne 2016 (coupure de l’irrigation sur certains bassins, restrictions de certains usages de l’eau considérés comme non prioritaires), et ce, dès le printemps 2017, dans le but de préserver les milieux naturels et les capacités d’alimentation en eau potable du département.

Compte tenu de la fragilité de la ressource souterraine et de la faiblesse conjoncturelle des réserves d’eau superficielles de la Touche Poupard et du Cébron pour la production d’eau potable, il apparaît essentiel que chaque utilisateur adopte, dès à présent, une gestion économe de cette ressource précieuse.

Plus d'informations sur la gestion de l'eau (arrêtés, cartes, .....) dans la rubrique : Gestion-de-l-eau-evolution-des-restrictions-de-remplissage-hivernal